États-Unis : les créations d'emplois déçoivent, l'or repasse au-dessus de 4"100 $

Résumé du marché par IA
Un net manque à gagner à la baisse dans les créations d'emplois non agricoles américaines de juin (57k contre 110k) a fait reculer les anticipations de hausses de taux et a affaibli le dollar, entraînant une forte demande pour l'or. Des taux directeurs attendus plus bas et un USD plus faible soutiennent généralement les actifs sans rendement, tandis que les achats nets signalés des banques centrales renforcent le contexte de la demande. Les mouvements interclasses d'actifs ont été mitigés (repli des semi-conducteurs ; pétrole plus ferme sur des positionnements avant les jours fériés), mais la transmission la plus nette se fait vers les métaux précieux.
Niveau d'impact
● Élevé
Actifs concernés
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Selon FxStreet, dans la matinée du 3 juillet en Asie, l'or au comptant s'échangeait autour de 4"130 $ l'once, porté par un rapport sur l'emploi américain nettement inférieur aux attentes en juin, qui a réduit les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale cette année. Le WTI évoluait autour de 68,46 $ le baril, soutenu par des achats de sécurisation d'approvisionnement avant le long week-end de l'Independence Day aux États-Unis et par des rachats de positions vendeuses. Huitong Finance APP rapporte des niveaux similaires en début de séance asiatique. À suivre aujourd'hui : principaux événements du jour. Marchés actions Jeudi, Wall Street a terminé en ordre dispersé. Le Dow Jones a gagné 1,14% à 52"900,07 points, un nouveau record de clôture. Le S&P 500 a légèrement progressé à 7"483,24 points. Le Nasdaq a reculé de 0,80% à 25"832,67 points. Le rapport NFP de juin a fait état de 57"000 créations d'emplois, bien en deçà des 110"000 attendues. Le taux de chômage ressort à 4,2%, légèrement inférieur au consensus (4,3%). Les craintes d'un durcissement monétaire se sont atténuées : selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse des taux en septembre est tombée de 64,1% à 55%. Adam Sarhan (50 Park Investments) estime que ces chiffres ne dissipent pas les préoccupations d'inflation, mais réduisent la pression à court terme pour une hausse des taux. Bruce Zaro (Granite Wealth Management) attribue la forte baisse des valeurs de semi-conducteurs à des prises de bénéfices après un rallye marqué depuis le début de l'année : l'indice Philadelphia Semiconductor a cédé 5,4% tout en affichant encore environ +78% depuis janvier. NVIDIA a perdu 1,4% et SanDisk a décroché de 14,1%. Apple a bondi de 4,8% après des informations de Nikkei Asia évoquant le lancement de cinq nouveaux modèles d'iPhone. Tesla a chuté de 7,5% malgré des livraisons record au deuxième trimestre. Bending Spoons, maison mère de Vimeo, a reculé de 11,3% lors de sa deuxième séance de cotation. Sur la semaine, le Dow a gagné environ 2%, le S&P 500 1,8% et le Nasdaq 2,1%. Les marchés américains étaient fermés vendredi pour l'Independence Day. Or et métaux précieux L'or a progressé de plus de 2% jeudi, poursuivant sa tendance haussière. Le spot s'échangeait à 4"123,61 $ l'once (+2,3%), la déception sur les NFP (57"000 contre 110"000 attendus) ayant revu à la baisse les attentes de hausse des taux cette année. D'après CME FedWatch, la probabilité d'un relèvement avant septembre est passée d'environ 66% avant la publication à près de 51%. Le recul de l'indice dollar a également rendu l'or, libellé en dollars, plus attractif pour les investisseurs non américains. David Meger (High Ridge Futures) souligne qu'un environnement de taux plus bas tend à soutenir le métal jaune. Le World Gold Council indique que les banques centrales sont redevenues acheteuses nettes en mai : les réserves officielles ont augmenté de 41 tonnes sur le mois. Sur le front géopolitique, l'Iran et les États-Unis ont bouclé un nouveau cycle de discussions indirectes sans signe d'avancée vers la paix. Les autres métaux ont suivi : l'argent a gagné 3,15% à 60,94 $, le platine 2,6% à 1"617,00 $ et le palladium 4,7% à 1"267,14 $. Pétrole Les prix du pétrole ont légèrement progressé jeudi. Le Brent a clôturé en hausse de 0,58% à 71,54 $ le baril et le WTI a gagné 0,54% à 68,46 $, soutenus par des achats avant le long week-end américain et par des rachats de positions vendeuses. John Kilduff (Again Capital) note que l'attention du marché s'est déplacée de "combien d'offre est perdue" vers "combien d'offre est ajoutée". Les deux contrats de référence ont touché en séance leurs plus bas niveaux depuis avant l'éclatement de la guerre États-Unis‑Iran fin février. Côté géopolitique, le Qatar, médiateur, a déclaré que Washington et Téhéran avaient réalisé des progrès vers un accord de paix permanent visant à mettre fin à un conflit de quatre mois ayant perturbé les expéditions via le détroit d'Ormuz. Bjarne Schieldrop, analyste matières premières chez SEB, rappelle que le pétrole continue de transiter par le détroit et que des pays libèrent des réserves stratégiques. Selon l'EIA, les stocks de brut américains ont reculé mercredi à leur plus bas niveau depuis 2018 sous l'effet de la demande des raffineries, tandis que les stocks d'essence ont aussi diminué. Le Nigeria est devenu le premier membre de l'OPEP à rejoindre l'Agence internationale de l'énergie (AIE) en tant que membre associé. L'état-major ukrainien a affirmé jeudi avoir frappé une raffinerie de Lukoil dans l'oblast de Nijni Novgorod. Devises L'indice dollar a reculé de 0,54% jeudi à 100,85, après un point bas à 100,55, son niveau le plus faible depuis le 18 juin, et sa plus forte baisse en une séance depuis le 30 avril. Le marché a ajusté ses anticipations de politique monétaire : les contrats à terme sur les fed funds intègrent désormais une probabilité de 54% d'une hausse avant septembre, contre 67% avant la publication. L'EUR/USD a progressé de 0,52% à 1,1435, après un plus haut à 1,1472, un sommet depuis le 22 juin. La livre sterling et le dollar australien ont également avancé. Sarah Ying (CIBC Capital Markets) estime que la faiblesse provient surtout des secteurs des loisirs et de l'hôtellerie, possiblement liée à des facteurs saisonniers, sans pour autant empêcher une réaction marquée du marché. Le USD/JPY a reculé de 0,91% à 161,09, avec un plus bas à 160,63, son niveau le plus faible depuis le 18 juin, et sa plus forte baisse quotidienne depuis le 30 avril. Traders et stratégistes attribuent ce mouvement à un changement de stratégie de communication du ministère japonais des Finances : selon deux sources, les autorités abandonneraient les avertissements préalables sur le risque d'intervention au profit d'une approche plus offensive et ciblée, visant à décourager les spéculateurs, augmenter le coût des ventes à découvert et éviter toute référence à un seuil de change précis. Le ministère n'a pas commenté. Certains intervenants évoquent des "inquiries" sur le marché des changes, souvent considérées comme un prélude à une intervention. Abbas Keshvani (RBC Capital Markets) juge que des données seront nécessaires pour confirmer une éventuelle intervention, même si le timing alimente cette hypothèse. Actualités internationales Trump : l'Iran "a presque accepté tout ce dont nous avions besoin" Jeudi, le président américain Donald Trump a déclaré dans une interview que les négociations de paix avec l'Iran avançaient et que Téhéran avait "presque accepté tout ce que nous demandions". Il s'agit de l'une de ses déclarations les plus optimistes depuis l'ouverture d'une fenêtre de négociation de 60 jours, à la suite de la signature du mémorandum d'entente d'Islamabad entre les États-Unis et l'Iran. Trump a affirmé que les États-Unis ne cherchaient pas un changement de régime en Iran et que l'objectif central restait d'empêcher Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire : "Mon exigence est simple : ils ne peuvent pas avoir d'armes nucléaires". Il a aussi défendu les récentes actions militaires américaines, affirmant que l'Iran avait été "complètement vaincu militairement", évoquant notamment des frappes menées après l'envoi de drones contre un navire. Le Qatar et le Pakistan ont indiqué jeudi que le prochain cycle de discussions États-Unis‑Iran se tiendrait "dès que possible" après les funérailles de l'ancien Guide suprême iranien Ali Khamenei, décédé lors de la frappe aérienne États-Unis‑Israël du 28 février 2026. Les cérémonies sont prévues du 4 au 9 juillet. L'Iran n'a pas réagi officiellement aux propos de Trump et rappelle de longue date que sa position dépend de la levée des sanctions et du déblocage d'avoirs gelés. Koweït : rebond de la production en juin après l'accord États-Unis‑Iran Une source a indiqué jeudi qu'après la mise en œuvre d'un accord de paix temporaire entre Washington et Téhéran, le Koweït augmente ses exportations depuis le Golfe. La production de brut du pays a nettement rebondi, renforçant l'idée d'une normalisation rapide des flux via le détroit d'Ormuz après les perturbations liées au conflit. Des pétroliers précédemment bloqués franchiraient progressivement le détroit, tandis que les pays producteurs rétablissent leurs niveaux d'extraction. Avant le blocage, la production koweïtienne s'élevait à environ 2,5 millions de barils par jour. L'entrave a contraint plusieurs producteurs du Golfe, dont le Koweït, l'Arabie saoudite et l'Irak, à réduire leur production quotidienne de plusieurs millions de barils. La source, restée anonyme, précise que sur les dix derniers jours de juin, la production du Koweït a culminé à 1,9 million de barils par jour. Selon le même ensemble d'informations, les États-Unis et les Émirats arabes unis ont débloqué des fonds iraniens à l'étranger en échange de l'abandon de droits de passage à Ormuz, mais l'Iran n'aurait pas cédé. Les États-Unis et Oman chercheraient des moyens de pousser Téhéran à renoncer à une ligne dure sur la facturation de frais aux navires. Dans les échanges indirects, l'engagement américain de dégeler une partie des avoirs iraniens détenus à l'étranger constituerait un levier clé. À ce stade, Téhéran n'aurait pas accepté. Des responsables militaires iraniens ont renouvelé leurs avertissements, menaçant d'agir contre les navires empruntant cette voie maritime. Le 2 juillet, la radiotélévision iranienne (IRIB) a rapporté une déclaration du commandement Khatam al-Anbia des Gardiens de la révolution, promettant une réponse "ferme et rapide" à toute ingérence américaine dans le détroit d'Ormuz. Le 1er juillet, le commandement central américain a annoncé qu'un hélicoptère Sea Hawk de l'US Navy avait effectué un amerrissage d'urgence en mer d'Arabie : trois membres d'équipage sur quatre ont été secourus, un est porté disparu. Les autorités américaines ont indiqué ne disposer d'aucun élément suggérant une action hostile, l'enquête se poursuivant. Ormuz : selon des responsables iraniens, Oman propose un dispositif de redevances L'organisation future du détroit d'Ormuz reste un point central des discussions. Des sources américaines, des responsables iraniens et des diplomates au fait du dossier indiquent qu'Oman a proposé un système de frais de service pour les navires transitant par Ormuz. Le projet, transmis aux États-Unis et à d'autres alliés occidentaux, s'inspirerait en partie des dispositifs du détroit de Malacca et du détroit de Singapour, où des "contributions volontaires" financent la sécurité maritime. Un diplomate régional évoque un mécanisme volontaire, tandis que des responsables iraniens affirment que ces frais seraient obligatoires. FedWatch : probabilités de hausse des taux Selon le FedWatch du CME, la probabilité d'un statu quo en juillet est de 82,4%, et celle d'une hausse cumulée de 25 points de base de 17,6%. D'ici septembre, la probabilité d'un statu quo est de 46,8%, celle d'une hausse cumulée de 25 points de base de 45,6%, et celle d'une hausse cumulée de 50 points de base de 7,6%. D'ici décembre, la probabilité d'un statu quo est de 23,5%, celle d'une hausse cumulée de 25 points de base de 42,2%, et celle d'au moins 50 points de base de 34,3%. Actualités domestiques (Chine) Pékin réagit aux droits de douane américains sur les produits agricoles Le 2 juillet, lors d'un point presse régulier, He Yadong, porte-parole du ministère chinois du Commerce, a déclaré que le commerce agricole constitue un volet important de la coopération économique et commerciale Chine‑États-Unis. À la suite de récentes consultations, les deux parties ont fixé des objectifs directeurs pour élargir les échanges agricoles bilatéraux et sont convenues, en principe, d'inclure des produits agricoles concernés dans un cadre de réductions tarifaires réciproques. Les entreprises mèneront leurs échanges selon des principes de marché, en fonction de la demande et des conditions de marché. La Chine se dit prête à travailler avec les États-Unis pour créer des conditions favorables au commerce agricole bilatéral, selon Xinhua.