Le Sénat américain reporte à septembre le vote sur le Clarity Act, une fenêtre de tir très courte pour l'adoption

Résumé du marché par IA
Le report par le Sénat au mois de septembre du vote sur la structure du marché crypto de la Clarity Act réduit la fenêtre législative et accroît l'incertitude quant à une clarté réglementaire américaine à court terme. Alors que les démocrates hésitent à l'approche des élections de mi-mandat et qu'un seuil de 60 voix reste difficile à atteindre, les chances d'adoption cette année paraissent moins assurées. Ce revers augmente le risque d'un retour réglementaire à une réglementation par voie de rulemaking de la SEC, un cadre moins durable que l'industrie juge instable.
Niveau d'impact
● Élevé
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Le Sénat des États-Unis a renvoyé à septembre le vote en séance plénière sur le Clarity Act, le texte très attendu sur l'organisation du marché des cryptoactifs. Ce report réduit la marge de manœuvre avant que la campagne des élections de mi-mandat ne monopolise l'agenda des élus. Le chef de la majorité, John Thune (R‑Dakota du Sud), a confirmé tard jeudi que les démocrates "insistent pour qu'il n'y ait pas de vote sur Clarity" avant la pause, et que les promoteurs du texte, dont la sénatrice Cynthia Lummis (R‑Wyoming), seront prêts à la reprise. Le Sénat part en congés vendredi et ne revient qu'à la mi-septembre, pour seulement quelques semaines. Cette période est considérée comme la dernière chance réaliste, cette année, de faire adopter le texte avant que l'attention ne se tourne pleinement vers les élections de novembre. Selon une source proche du dossier citée par The Block, les démocrates hésitent à se prononcer avant les midterms alors que l'empreinte politique de l'industrie crypto s'accentue. Le délai offre aussi du temps pour réunir les 60 voix nécessaires afin de surmonter l'obstruction parlementaire (filibuster). Sur le plan politique, le Clarity Act a été approuvé en mai par la commission bancaire du Sénat par 15 voix contre 9. Seuls deux démocrates, Ruben Gallego (D‑Arizona) et Angela Alsobrooks (D‑Maryland), avaient alors soutenu le texte contre leur camp. Il faut désormais environ six voix démocrates en séance pour atteindre le seuil de 60. Le soutien républicain n'a pas non plus été pleinement constant, ce qui a fait reculer la confiance des observateurs. Galaxy Research a abaissé en juin la probabilité d'une adoption cette année à un niveau proche du pile ou face. Les points de friction restent les mêmes, d'après des élus et des acteurs du secteur: le fonctionnement des stablecoins et les dispositifs de "récompenses", l'ampleur des moyens donnés aux forces de l'ordre contre la finance illicite, et des dispositions d'éthique susceptibles d'affecter les intérêts crypto du président Donald Trump. Un volet particulièrement sensible concerne un addendum attribué à une négociation entre les sénateurs Thom Tillis (R‑Caroline du Nord) et Ruben Gallego. Le texte, non publié à ce stade et encore discuté avec la Maison-Blanche, imposerait au président de se défaire de participations dans des activités liées aux cryptos. Bloomberg a indiqué que, dans la structure de cession forcée envisagée, le président pourrait différer pendant des années l'impôt fédéral sur les plus-values; si les investissements de remplacement étaient conservés jusqu'au décès, les gains pourraient même, potentiellement, échapper totalement à l'imposition. Donald Trump a déclaré 1,4 milliard de dollars de revenus liés aux cryptos et aux meme coins pour 2025 et détient une participation de 38% dans World Liberty Financial via une société affiliée. Sans mécanisme de report, il serait soumis au taux standard de 20% sur les plus-values. Bloomberg a également relevé que le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire au Trésor Scott Bessent avaient utilisé des dispositifs similaires lors de leurs propres cessions. L'addendum permettrait aussi, selon les informations rapportées, aux procureurs généraux des États d'engager des actions pour faire respecter les mesures d'éthique si le ministère de la Justice renonce à agir. L'acceptation de ce paquet par le président reste incertaine. Côté industrie, plusieurs organisations du secteur ont fait part de leur déception, tout en soulignant les risques de l'inaction. Ji Hun Kim, directeur général du Crypto Council for Innovation, a qualifié le report de "décevant" et a averti que chaque jour sans cadre américain clair "pousse les utilisateurs et les bâtisseurs américains à s'installer à l'étranger et expose les consommateurs". Le secteur redoute aussi une issue alternative: le président de la SEC, Paul Atkins, a déclaré le mois dernier que le régulateur était prêt à rédiger lui-même des règles crypto si le Congrès se bloque, un scénario rejeté par l'industrie car une réglementation par voie d'agence peut être annulée par une future administration. Si le Clarity Act franchit l'étape du Sénat en septembre, le texte retournerait à la Chambre des représentants pour un nouveau vote, avant d'être transmis au président Trump. Avec un calendrier serré et des controverses persistantes, la capacité du projet à réunir les voix nécessaires durant la courte fenêtre de l'automne reste une question ouverte.