La faiblesse du franc suisse s'explique surtout par les anticipations de taux à l'étranger, selon une responsable de la BNS
Résumé du marché par IA
Un membre du Conseil de direction de la BNS a attribué la faiblesse du CHF à des anticipations de taux étrangers plus élevées, qui élargissent les écarts de rendement, tandis que la BNS maintient son taux directeur à 0% et note que la dépréciation a assoupli les conditions financières intérieures. La BNS a réitéré sa volonté d'intervenir sur les marchés des changes si les mouvements deviennent rapides ou excessifs, notamment en cas de risque d'appréciation. Des anticipations d'inflation faibles et bien ancrées, ainsi qu'une transmission limitée des prix du pétrole, maintiennent l'inflation suisse contenue.
Niveau d'impact
● Moyen
Actifs concernés
NCFXUSD2CHF/USDT+0.14%
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● neutre
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La récente baisse du franc suisse tient d'abord à l'évolution des anticipations de taux hors de Suisse, et non à des facteurs domestiques, a indiqué Petra Tschudin, membre du Directoire de la Banque nationale suisse (BNS). Lorsque les banques centrales étrangères sont perçues comme susceptibles de maintenir des taux élevés, l'écart de rendement entre les placements en francs et les alternatives à l'étranger se creuse, ce qui réduit l'attrait de la devise helvétique.
Lors de son examen de politique monétaire de juin 2026, la BNS a maintenu son taux directeur à 0%, un niveau qui laisse peu de marge à un assouplissement conventionnel. L'institution a aussi relevé que la dépréciation du franc depuis mars 2026 a, à elle seule, contribué à assouplir les conditions monétaires en Suisse.
Petra Tschudin a rappelé que la BNS reste prête à intervenir sur le marché des changes si les mouvements du franc deviennent trop importants ou trop rapides, dans un sens comme dans l'autre. La vigilance porte en particulier sur une appréciation jugée excessive, susceptible de menacer la stabilité des prix en tirant l'inflation encore plus bas et en pesant sur les exportateurs suisses.
La responsable s'est également exprimée sur les raisons pour lesquelles l'inflation suisse demeure plus faible que dans d'autres pays. Deux éléments dominent: des anticipations d'inflation solidement ancrées à de faibles niveaux chez les ménages et les entreprises, ce qui limite la dynamique des salaires et la demande préventive; et un poids relativement réduit du pétrole dans le panier d'inflation, atténuant l'effet des variations énergétiques sur l'inflation totale.
Lors de la conférence de presse de juin 2026, la BNS a révisé ses prévisions: l'inflation devrait s'établir en moyenne à 0,6% en 2026 et 2027, puis remonter légèrement à 0,7% en 2028. Ces niveaux restent compatibles avec la définition de la stabilité des prix de la BNS, à savoir une hausse annuelle de l'IPC inférieure à 2%.
Petra Tschudin a rejoint le Directoire le 1er octobre 2024 et dirige le Département III. Ses propos s'inscrivent dans la ligne de conduite de la BNS: faire du taux directeur l'outil principal, réserver les interventions de change en recours, et laisser le franc absorber une partie de l'ajustement qui exigerait sinon des inflexions plus marquées de la politique monétaire interne.