Une proposition sur Ethereum vise à réduire les récompenses du staking jusqu’à zéro lorsque 50% de l’offre sera stakée
Résumé du marché par IA
Des chercheurs d'Ethereum ont proposé de brûler une part croissante des récompenses de staking de la couche de consensus à mesure que le ratio mis en staking augmente, atteignant une combustion de 100% autour de 50% de l'offre mise en staking, ce qui impliquerait une émission nette nulle. Le plan est controversé : il pourrait réduire les boucles de staking/emprunt basées sur l'effet de levier dans la DeFi, modifier la dynamique du liquid staking et changer les incitations au staking, tandis que son inclusion dans la mise à niveau Hegotá du 2H 2026 reste incertaine en raison d'une mise en œuvre limitée et de l'absence de consensus des validateurs.
Niveau d'impact
● Élevé
Actifs concernés
ETH/USDT+0.97%
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● neutre
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Des chercheurs et développeurs d’Ethereum ont mis sur la table une modification visant à brûler progressivement une part croissante des récompenses des validateurs à mesure que le staking augmente. Le mécanisme aboutirait à une combustion de 100% des nouveaux ETH émis une fois environ 60,25 millions d’ETH — soit près de la moitié de l’offre totale — placés en staking, ramenant l’émission nette à zéro. L’objectif affiché est de limiter la dilution des détenteurs et de renforcer, à terme, la rareté et la valorisation d’ETH.
Le staking constitue le socle de la sécurité d’Ethereum. Les détenteurs verrouillent des ETH et exécutent un logiciel qui valide les transactions. En contrepartie, le réseau rémunère les validateurs en émettant de nouveaux ETH. Dans la proposition, ces ETH nouvellement créés ne seraient plus versés mais détruits (burn), c’est-à-dire retirés définitivement de la circulation.
Concrètement, à la fin de chaque epoch (toutes les 6,4 minutes), une fraction des récompenses de chaque validateur serait déduite puis brûlée. Cette fraction augmenterait de manière linéaire jusqu’à 100% à l’approche du point de saturation. Les validateurs continueraient d’opérer dans les mêmes conditions et conserveraient l’intégralité des frais de transaction et pourboires liés à la production des blocs ; seule l’émission d’ETH de nouvelle création serait affectée.
La montée en charge se ferait lentement, sur 18 mois, avec environ six mois supplémentaires le temps que la mise à niveau soit déployée, ce qui laisse près de deux ans d’adaptation. La proposition est signée par six chercheurs, dont Justin Drake de l’Ethereum Foundation. Elle a été publiée quelques jours avant la date limite de dépôt des changements mineurs susceptibles d’être étudiés pour Hegotá, la prochaine mise à niveau du réseau.
Aux yeux des auteurs, le problème tient au fait que le staking ne cesse jamais de payer. Même si la totalité des ETH était stakée, le rendement resterait proche de 1,5%, ce qui incite en permanence à ajouter du capital. Jérôme de Tychey, co-auteur, estime que sans changement, plus de 70 millions d’ETH pourraient être stakés d’ici janvier 2028.
Au-delà d’un certain seuil, la proposition avance que l’accumulation de stake peut réduire la sécurité au lieu de l’améliorer, car les ETH tendraient à se concentrer chez des plateformes d’échange et fournisseurs de staking au détriment des détenteurs, tandis que les petits stakers individuels seraient progressivement évincés.
À ce stade, environ 41 millions d’ETH sont stakés, soit près de 34% de l’offre. Les données de suivi montrent aussi qu’environ 2,5 millions d’ETH attendent dans la file d’activation, avec un délai de six semaines ou plus, et qu’aucune file de sortie significative ne se forme. Ethereum plafonne la vitesse d’entrée et de sortie des validateurs, ce qui crée des files d’attente dans les deux sens afin d’éviter qu’un bloc important d’acteurs ne puisse entrer ou sortir assez vite pour déstabiliser le réseau. Actuellement, environ 57"600 ETH peuvent être activés chaque jour.
La proposition divise développeurs et participants. Dans un billet de blog, le PDG d’Aave Labs, Stani Kulechov, a jugé qu’une trajectoire des récompenses de staking vers zéro rendrait la plupart des stratégies d’emprunt en ETH peu viables. Une partie importante des ETH empruntés sur Aave sert à acheter davantage d’ETH stakés, une opération qui n’a de sens que tant que le rendement du staking dépasse le coût du crédit.
Mike Silagadze, fondateur du protocole de liquid staking ether.fi, a critiqué autant la méthode que le fond. Sur X, il a dénoncé un "EIP publié avec 48 heures de préavis pour les commentaires", qualifiant le texte de "changement majeur de l’économie du réseau" aux implications étendues pour l’ensemble de la DeFi. Selon lui, la mesure "évincerait de manière évidente les stakers solo" non subventionnés par l’Ethereum Foundation ou d’autres, au profit de "grandes entités centralisées" bénéficiant d’un coût du capital nul. Il a aussi averti que "sept des dix principaux protocoles DeFi" pourraient subir une fuite de capitaux.
Silagadze a également été plus direct sur l’impact potentiel sur les prix. "Les gens qui stakent de l’ETH ne le vendent pas", a-t-il écrit, estimant que la proposition "stoppera tout nouvel ETH mis en staking" et pourrait remettre en circulation des dizaines de milliards de dollars d’ETH.
Reste à savoir si le texte a une chance d’intégrer Hegotá, une mise à niveau planifiée pour le second semestre 2026, axée sur le nettoyage structurel, la résistance à la censure et la réduction de la taille de l’état. Le changement de fond — une inflexion, puis une extinction des récompenses de staking de la couche consensus une fois 50% de l’offre stakée — arrive à quelques jours seulement de la date limite d’inclusion du 6 août pour Hegotá. La proposition ne s’accompagne pour l’instant que d’un brouillon d’implémentation d’environ 300 lignes et ne fait pas consensus auprès des validateurs et stakers dont le rendement serait amputé. Cet ensemble rend plus probable un report à un fork ultérieur qu’une intégration dans Hegotá. Les auteurs soulignent enfin que chaque mois de retard ferait progresser le ratio de staking d’environ 1,5 point de pourcentage.