Portefeuilles Coldcard : un vol massif de bitcoins lié à un défaut de génération de seed, malgré des "secure elements" intacts
Résumé du marché par IA
Des analyses techniques attribuent une vaste vague de vols de Bitcoin, toujours en cours, à une génération de seed insuffisamment robuste dans certaines versions du firmware Coldcard, et non à une compromission de l'"secure element". Les pertes rapportées vont d'environ 594 BTC à environ 1'816 BTC selon la date de référence et le périmètre d'attribution, ce qui met en évidence l'incertitude et la poursuite de la cartographie des adresses. L'incident met sous pression la confiance dans les portefeuilles matériels, accroît le risque opérationnel pour les utilisateurs en auto-conservation, et peut peser sur le sentiment crypto à court terme via le retour de préoccupations de sécurité.
Niveau d'impact
● Élevé
Actifs concernés
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Les deux puces "secure element" des portefeuilles matériels Coldcard n'ont pas été compromises. Selon l'analyse technique de BIT publiée le 7 août 2026, les vols observés à partir du 30 juillet 2026 proviennent d'un problème situé en amont, dans le logiciel qui fabrique la seed avant qu'elle ne soit confiée au "secure element". Conclusion : une puce peut être excellente contre l'extraction physique et protéger malgré tout une clé affaiblie dès sa création.
Coldcard est fabriqué par la société canadienne Coinkite. D'après BIT, l'appareil s'appuie sur deux puces résistantes à la falsification — une Microchip ATECC608 et une Maxim DS28C36B — conçues pour résister à des tentatives d'extraction en laboratoire. Le point faible se situe au moment où la seed est produite.
D'après un rapport de Block cité par The Hacker News le 1er août 2026, la configuration de production de Coldcard fixait à zéro une macro nommée MICROPY_HW_ENABLE_RNG, Coinkite utilisant son propre "wrapper" de générateur aléatoire matériel. Problème : une bibliothèque de support, libngu, vérifiait uniquement l'existence de la macro, pas son état. Résultat, le firmware basculait sur le générateur pseudo-aléatoire de repli de MicroPython, Yasmarang. CoinDesk, dans un article publié le 31 juillet 2026, décrit le même défaut : un réglage de build désactivait la source matérielle d'aléa, et le test de la bibliothèque contrôlait seulement la présence du paramètre.
Block relie ce changement à un commit daté du 1er mars 2021, selon CoinDesk. Les médias divergent sur les détails internes de l'initialisation du générateur de repli : The Hacker News (via Block) indique qu'il était initialisé à partir de l'ID unique de l'appareil et de registres de temporisation, sans apporter ensuite d'entropie supplémentaire. CoinDesk évoque le numéro de série de la puce et des registres d'horloge, qualifiés de non secrets. BIT mentionne deux instances de Yasmarang combinées par XOR, dont l'une initialisée avec des constantes publiques codées en dur. Les récits ne s'opposent pas sur l'effet final ; ils reflètent des reconstructions externes menées par plusieurs équipes, et non une explication publique détaillée de Coinkite.
Impact chiffré : d'après l'estimation de Coinkite citée par The Hacker News, BIT et crypto.news, les seeds générées sous l'effet du bug n'offriraient qu'environ 40 bits d'entropie effective sur Mk2 et Mk3, et environ 72 bits sur Mk4, Mk5 et Q, contre un objectif de conception de 128 bits pour une seed BIP39 standard. Block, cité par The Hacker News, a refusé de fournir un chiffre unique de force brute, en proposant des plafonds conditionnels et en rappelant que la valeur haute ne correspond pas à une sécurité cryptographique réelle de 73 bits. À ce stade, aucun rapport public n'a publié de benchmark de brute force, ni reconstitué la seed d'une victime en la reliant à une adresse vidée, selon The Hacker News.
BIT rappelle aussi la limite fonctionnelle des "secure elements" : la puce "ne vérifie pas que la seed a été générée avec une randomisation suffisante". Elle protège une seed après sa création, sans pouvoir juger de sa qualité à l'entrée. Pour la comparaison entre portefeuilles, BIT souligne que l'architecture à deux puces de Coldcard impose à un attaquant de vaincre deux composants issus de sources différentes, en plus du processeur principal, ce qui relève le niveau de difficulté par rapport à un design à puce unique. Selon BIT, Ledger et Trezor utilisent chacun un seul "secure element".
Un comparatif de Spark Money (sans date de publication dans la version consultée) indique que Ledger utilise des puces STMicroelectronics certifiées Common Criteria EAL5+ ou EAL6+ selon les modèles, tandis que Trezor Safe 3 et Safe 5 s'appuient sur OPTIGA Trust M d'Infineon. Spark Money ajoute que la documentation du "secure element" de Trezor est publique et auditable, alors que le firmware du "secure element" de Ledger resterait fermé sous accord de confidentialité avec STMicroelectronics, même si la couche applicative de Ledger est largement open source. Coldcard, de son côté, publie intégralement le code source de son firmware, selon Spark Money et BIT. Cette ouverture n'a pas empêché l'erreur de mars 2021 de passer inaperçue plus de cinq ans : un code auditable n'est pas nécessairement audité au point de détecter ce type précis de bug (tester l'existence d'un réglage plutôt que sa valeur).
Côté pertes, les chiffres varient selon la période observée et le périmètre retenu. CoinDesk (publié et mis à jour le 31 juillet 2026) évoque environ 594 BTC, soit près de 38 millions de dollars, siphonnés depuis environ 500 portefeuilles "single-signature" entre 01:31 et 01:56 UTC. crypto.news (1er août 2026) reprend les 594 BTC et environ 38 millions de dollars, mais situe l'opération entre 02:14 et 02:39 UTC ; l'écart d'horodatage ne peut pas être tranché avec les seules sources citées.
The Hacker News (1er août 2026) rapporte, en s'appuyant sur une cartographie de Galaxy Research, 1'196 adresses vidées en 41 minutes le 30 juillet pour un total de 1'082,65 BTC (environ 70,2 millions de dollars). Dans une mise à jour, le même article indique que Galaxy Research a identifié deux vagues supplémentaires, portant le total observé à 1'367,05 BTC (environ 88,6 millions de dollars) sur 4'585 adresses. BIT (7 août 2026) avance un cumul jusqu'au 3 août 2026 d'environ 1'816 BTC, soit plus de 116 millions de dollars, sur plus de 5'200 adresses, qualifiant l'épisode de plus grande exploitation de portefeuille matériel jamais enregistrée.
Ces écarts s'expliquent surtout par le périmètre et la date d'arrêt des mesures : CoinDesk et crypto.news décrivent la première vague, tandis que The Hacker News et BIT reprennent des cumuls au fur et à mesure que Galaxy Research élargissait sa cartographie les jours suivants. Galaxy Research, selon The Hacker News, souligne que ses conclusions reposent sur une analyse de motifs on-chain et qu'il n'a pas confirmé par calcul que chaque adresse signalée provient bien d'une seed Coldcard affaiblie. L'activité était encore en cours lors de la mise à jour, et Galaxy Research aurait transmis environ 600 adresses suspectées d'être contrôlées par l'attaquant aux enquêteurs, ce qui laisse la porte ouverte à de nouvelles révisions.
Plusieurs points restent non établis dans les sources disponibles : aucun bilan définitif n'est acté ; les valeurs 594 BTC, 1'082,65 BTC, 1'367,05 BTC et 1'816 BTC doivent être lues comme des photographies à des dates et des périmètres différents, pas comme des "versions concurrentes" d'un même total final. crypto.news rapporte aussi une affirmation de Coinkite selon laquelle l'attaquant aurait probablement utilisé l'IA pour trouver la faille, et qu'un examen par IA mené par Coinkite quelques semaines auparavant n'aurait rien détecté de sérieux ; le média qualifie cette thèse de "plausible mais non vérifiée", sans confirmation indépendante citée.
Enfin, la documentation publique n'établit pas qu'une seed volée ait été reconstituée et associée à une adresse vidée, selon The Hacker News. Les motifs utilisés par Galaxy Research pour regrouper des vagues décrivent des comportements de transactions, pas une cause certaine ; Galaxy a aussi indiqué ne pas considérer la "Wave 3" comme liée aux "Waves 1 et 2". Sur le périmètre exact des versions vulnérables, l'avis de Coinkite cite le firmware Mk3 4.0.1 à 4.1.9 sans mentionner Mk2, tandis qu'une analyse séparée de Block, relayée par The Hacker News, inclut Mk2 et Mk3 en 4.0.0 à 4.1.9 ; aucune des sources disponibles ici ne permet de trancher définitivement.
Les informations ci-dessus proviennent des rapports cités ; lorsque des divergences existent, elles sont signalées.