Rapport Morgan Stanley : l'indice Bull & Bear grimpe à 9,7, entre soutien de liquidité et risque électoral de mi-mandat
Résumé du marché par IA
L'indicateur Bull & Bear de BofA à 9,7 (proche d'un seuil extrême de "vente") signale un positionnement sur le risque encombré malgré des soutiens de liquidité en cours. Les flux montrent de forts afflux vers les actions et le crédit, parallèlement à une hausse des liquidités et à une demande d'obligations stable, tandis que la technologie et les semi-conducteurs enregistrent de nouveaux retraits et que les spreads de crédit liés à l'IA s'élargissent. Avec les élections de mi-mandat américaines signalées comme la variable macro clé du 2H, la configuration implique une fragilité élevée à court terme et un risque de rotation sur l'ensemble des actions.
Niveau d'impact
● Élevé
Actifs concernés
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L'indicateur Bull & Bear de Bank of America a bondi à 9,7, son plus haut niveau depuis 2021, à un cran d'un signal de vente. Sur la semaine, les flux ont privilégié les placements liquides : 52,9 Mds$ vers le cash, 32,9 Mds$ vers les actions et 23,1 Mds$ vers les obligations.
Dans son Flow Show daté du 6 août, Bank of America estime que la volonté des autorités de soutenir les conditions financières ne fait plus de doute. L'intervention coordonnée sur le marché des changes observée la semaine dernière vient, selon la banque, en apporter la confirmation. Elle la qualifie de "LTCM du pauvre", en référence au sauvetage orchestré par la Fed lors de l'effondrement de Long-Term Capital Management en 1998.
Le marché se retrouve pourtant face à plusieurs contradictions : un indicateur Bull & Bear en zone extrême, un élargissement des spreads de crédit chez les géants de l'IA, et l'incertitude qui monte à l'approche des élections de mi-mandat. La recommandation de Bank of America est explicite : "retrait ou rotation", c'est-à-dire réduire l'exposition aux actifs risqués ou basculer vers des segments défensifs, des actifs de duration et le dollar.
Les flux montrent une fracture nette. Les fonds actions ont enregistré 32,9 Mds$ d'entrées, ce qui projette un rythme annualisé de 652 Mds$ sur l'année 2026, un record. Les fonds obligataires ont attiré 23,1 Mds$, les obligations investment grade signant une 18e semaine consécutive de collecte, pour un total annualisé de 527 Mds$, également un record. Les fonds monétaires ont capté 53,7 Mds$. Les métaux précieux enchaînent cinq semaines d'entrées, tandis que les fonds crypto ont collecté 600 M$.
Point notable : le secteur technologique affiche sa première semaine de sorties en six semaines, à hauteur de 7 Mds$. L'ETF semi-conducteurs a perdu 2,4 Mds$, là aussi une première en six semaines. Bank of America souligne néanmoins que les entrées annualisées sur les fonds technologiques restent à un sommet historique de 217 Mds$. Les infrastructures ont enregistré 3 Mds$ de sorties, la plus forte baisse depuis mars.
Côté clientèle privée, les encours (AUM) atteignent 4,5 Tn$, avec 65,7% d'allocation en actions, 17,4% en obligations et 9,6% en cash. Les clients reviennent sur les T-bills (plus forte entrée depuis avril) et vendent des T-notes, tout en restant acheteurs nets d'actions.
L'indice Bull & Bear est ainsi passé de 7,8 à 9,7. Bank of America attribue cette hausse à l'appétit pour le haut rendement, au resserrement des spreads sur le high yield mondial et les obligations risquées AT1, ainsi qu'à une amélioration de la largeur de marché des indices actions mondiaux.
Sur le plan tactique, la banque défend une stratégie de "retrait estival ou rotation" plutôt qu'une phase de reconstitution des positions. Elle privilégie une rotation vers les secteurs défensifs (consommation de base), les actifs de duration (REITs, small caps, biotech) et le dollar. L'idée est de se couvrir contre un durcissement des conditions financières, dans un scénario consensuel de "pas d'atterrissage brutal, pas de nouvelles hausses de taux de la Fed, pas de réduction des capex IA, pas de raz-de-marée démocrate aux élections de mi-mandat".
Bank of America estime que les décideurs considèrent la Bourse comme "too big to fail". L'économie bénéficierait de l'effet richesse (les ménages auraient accru leurs détentions d'actions de 7 Tn$ depuis le début de l'année, pour un total de +9 Tn$ sur 2024 et 2025) et du boom des investissements dans les data centers dédiés à l'IA. La banque rappelle que les cycles de hausse se terminent souvent avec les obligations, et estime que la bascule nécessiterait cette fois un "signal obligataire" de type "rendements plus élevés, dollar plus faible", susceptible de forcer un ajustement budgétaire et une réallocation des actions vers les obligations. Le scénario "rendements en hausse, banques en baisse" ferait office de signal d'alerte.
L'intervention coordonnée sur les changes est vue comme un filet de sécurité. Bank of America évoque le contrôle de la courbe des taux (yield curve control) comme instrument potentiel si les conditions financières se resserraient plus que prévu. À ce stade, les investisseurs obligataires seraient le groupe affichant l'appétit directionnel le plus marqué.
La banque place les élections de mi-mandat au rang de principale variable macro du second semestre. Elle résume les années 2020 par l'équation "populisme politique = excès budgétaire = boom du PIB nominal". Le PIB nominal américain a progressé de 63% en six ans, de 20 Tn$ à 32 Tn$. Dans cette lecture, la conservation du contrôle du Sénat par les Républicains serait favorable aux marchés. Une analyse de fréquence de mots-clés sur les réseaux sociaux concernant les priorités de Trump montre qu'en 2026, "Iran" et "taxes" montent dans le classement, tandis que "border", "energy" et "economy" reculent.
Bank of America recommande de surpondérer les valeurs de consommation, jugées les mieux placées pour profiter du pivot de Trump vers l"abordabilité". Elle conseille aussi d'être long or afin de se couvrir contre un repli de fin d'année des rendements, du dollar et des actions si les électeurs imposent leur verdict : "It's the economy, stupid."
Sur le crédit, les spreads des fournisseurs hyperscale liés à l'IA continuent de s'écarter. Bank of America estime que l'indice MAG 7 doit repasser au-dessus de 50 pour écarter le risque que "la fin du computing chinois bon marché" mette un terme au boom des dépenses d'investissement dans l'IA.
La banque note un optimisme marqué sur les bénéfices : l'EPS à 12 mois glissants en anticipation progresse de 33%, soutenu par 35 Mds$ de remboursements liés aux droits de douane sur les trois derniers mois, ce qui inverse un choc négatif de 75 Mds$ sur l'EPS imputé aux tarifs entre mai et juillet 2025. L'emploi restant corrélé aux profits, la publication des NFP de juillet devient un point d'attention majeur. Si l'emploi résiste (NFP > 125 k, chômage < 4,1%), Warsh pourrait reprendre un ton plus restrictif lors du symposium de Jackson Hole du 28 août ; à l'inverse, un marché du travail faible (NFP < 50 k, chômage > 4,3%) ouvrirait, selon la banque, une opportunité contrariante d'achat de duration et d'actifs défensifs.
En synthèse, le soutien de liquidité apporte une protection contre une baisse marquée, mais la montée de l'indice Bull & Bear à 9,7 indique que le potentiel haussier est déjà largement intégré dans les cours.
Avertissement : ce texte constitue une compilation et une interprétation par Chaoxiang Research d'un rapport de recherche d'un courtier tiers (Bank of America Securities, 6 août 2026), complétée par des informations de marché publiques. Les notations, objectifs de cours, prévisions de résultats et jugements cités reflètent l'opinion des analystes du courtier et engagent uniquement leur institution ; ils ne reflètent pas la position de Chaoxiang Research et ne constituent pas un conseil en investissement. Les marchés comportent des risques ; les décisions doivent être prises de manière indépendante. Ce contenu ne doit pas servir de base à l'achat ou à la vente de titres.